Michna Avot 2,1 — 7e partie

La lecture naïve dit qu’il suffit de considérer trois choses pour pouvoir s’abstenir de toute transgression : un œil qui voit, une oreille qui entend et la consignation de tous les actes dans un livre. Or, nous sommes forcés de constater que nous transgressons tous malgré la mise en garde de Rabbi. Afin d’entendre ce que veut nous dire Rabbi, il convient d’être attentif à la tournure impersonnelle ba li-dé ‘avéra, qui sous-entend que le mouvement qui mène l’homme à la faute est impersonnel. Pour revenir à un mouvement personnel, et donc échapper à la faute, il faut sortir de l’idée cartésienne qui voit dans le cogito l’assurance de la personnalité du mouvement et revenir à l’enseignement de Rabbi, qui permet de véritablement asseoir sa personnalité : l’œil de Dieu, l’oreille de Dieu et l’inscription par Dieu des actes humains. >>> pdf

Michna Avot 2,1 — 6e partie

La dernière partie de cette michna fait, elle-aussi, très clairement référence à la doctrine épicurienne, notamment à la Lettre à Ménécée. Alors qu’Épicure propose une morale du plaisir et du déplaisir construite sur la comparaison avec leurs conséquences sensibles, Rabbi Yéhouda, lui, parle au présent. Il faut considérer l’existence au présent. Contre la doctrine épicurienne, Rabbi Yéhouda maintient l’idée d’un Dieu exerçant une providence. >>> pdf 

Michna Avot 2,1 — 5e partie

Dans le troisième énoncé de cette michna, Rabbi parle de gain et de perte matériels, ce que dénote sans ambiguïté son emploi du terme hefsed. Rabbi ne projette donc pas le salaire ou la perte des mitsvot dans des arrière-mondes, paradis ou enfer. En quoi consiste alors son injonction à mesurer le salaire ou la perte de l’observance des commandements, alors même que, selon son deuxième énoncé, leur salaire et leur perte nous sont inconnus? Selon nous, Rabbi parle d’un salaire qui se donne dans le vécu, qui n’est pas immédiatement perceptible, mais qui se révèle rétrospectivement. >>> pdf

Michna Avot 2,1 — 3e partie

Les qualificatifs « léger » (qala) ou « important » (ḥamoura) ne renvoient pas à des données objectives de la mitsva que nous ignorerions, mais en appellent à une attitude subjective. Rabbi nous exhorte alors à nous mettre en garde contre ce que chacun est enclin à juger mineur. Je dois me considérer en toutes circonstances comme étant devant une mitsva importante et en cela me considérer comme un sujet à risques. Il n’y a pas de récompense à attendre des mitsvot en dehors de l’existence elle-même. >>> pdf

Michna Avot 2,1 — 2e partie

En quoi consiste le tiféret de l’homme qui pratique les mitsvot ? Il s’agit de l’effet produit par la Loi, à condition que l’homme s’y soumette dans le but de devenir davantage Homme. La Loi est alors vécue comme un déliement de l’astreinte et un moment de splendeur (tiféret). >>> pdf